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2011  Faut-il acheter des thés d’hiver ?

Bonne question à se poser quand on ne trouve plus de thés de printemps ou quand on ne peut venir sur les lieux de production qu’en octobre/novembre comme ce fut le cas pour moi cette année.
La réponse m’a été donnée par Monsieur Wang qui produit d’excellents Bao Zhong à Ping Ling, à l’Est de Taipei. Monsieur Wang n’est pas très expansif et ses mots sont comptés alors que son thé est riche en saveurs et généreux en sensations. Pour lui les thés de printemps sont plus expressifs au nez mais les thés d’hiver (cueillis en octobre, début novembre) sont plus riches et goûteux en bouche. Et d’ailleurs c’est un thé d’hiver qu’il va présenter au prochain concours annuel dont il est un compétiteur souvent couronné, c’est lui qui avait remporté le premier prix en 2005.
Et pour illustrer son propos il m’a fait goûter ses thés d’hiver comparés à un thé de printemps dont il avait encore quelques boîtes. Résultat probant ; je suis revenu avec deux variétés de Bao Zhong d’hiver excellents.
Une autre question me titillait aussi depuis longtemps : qu’est-ce qui fait que les feuilles cueillies dans un même jardin peuvent donner des thés différents (avec des tarifs différents bien sûr !) ?
L’explication paraissait évidente pour un producteur de Tie Guan Yin de la région de Muzha, au sud de Taipei, chez qui j’ai passé un moment. Ces différences sont en fait dues à l’heure de cueillette dans la journée, pour lui le meilleur moment pour obtenir le meilleur thé se situe entre 11 heure et 13 heure. Et il m’en a fait immédiatement la démonstration en me faisant boire deux thés provenant des mêmes jardins, un cueilli le matin et un cueilli à midi. Sans conteste, le thé de midi était le meilleur, et ce qui ne vous surprendra pas, c’est aussi le plus cher.
D’autres données viennent confirmer le fait que 11h/13h soit la période idéale pour obtenir le meilleur thé : dans la cosmogonie chinoise cette période nommée WU est considérée comme la plus favorable pour absorber l’essence de l’énergie solaire (le souffle ou chi du soleil).

Pendant le prochain voyage nous essaierons de répondre à d’autres questions que se posent les amateurs occidentaux de thés chinois et taiwanais.

Jardin de thé de Mr Wang Cueillette à la main dans un jardin de thé de Mr Wang


2010  Cette année, je suis allée à Taiwan fin mai. A ce moment de l’année, le climat est chaud et assez humide. Cela m’a donné l’occasion de voir les jardins de thé sous les brumes de chaleur. Quelle beauté ! Mon voyage a été fructueux et j’ai fait de belles rencontres notamment un producteur de thés biologiques installé sur la côte est de Taiwan avec qui je passerai davantage de temps l’an prochain. Je me suis attardée dans la région de Pinglin où est produit le thé Bao Zhong et où cette année, une fête du thé était organisée pour promouvoir le thé de cette région. Depuis plusieurs années, le gouvernement taiwanais fait en sorte de développer la consommation du marché local. Ce développement se fait par l’organisation de concours de dégustation et de compétitions entre les planteurs. Le but de ces concours est de promouvoir la consommation de thé, de permettre au public de comparer les caractéristiques d’un thé de bonne qualité et de savoir où s’en procurer. Et cela crée une émulation parmi les producteurs qui jouent le jeu de la qualité. Les thés récompensés peuvent être coûteux, quelques fois très coûteux, mais en général l’offre et la demande s’équilibrent. Un responsable de jury de compétitions que j’ai rencontré m’a expliqué les conditions requises pour être juge et j’ai vite compris que n’était pas juge qui le voulait. J’ai revu un producteur que je rencontre désormais chaque année. Il venait de produire pour la première fois un thé « oriental beauty » avec des feuilles de théier de cette région, goût agrume et miellé. Je suis donc revenue avec du thé Bao Zhong de différents producteurs.


Tour 101

J’ai découvert également la région de Muzha, au sud de Taipei. C’est une région de moyennes montagnes où l’on peut accéder par un téléphérique pittoresque qui donne l’occasion de voir de haut tout Taipei au loin, et notamment la fameuse tour 101 qui a été un moment la plus haute tour du monde. L'immeuble mesure 508 mètres de hauteur et comporte 101 étages (d'où son nom) ainsi que 5 niveaux de sous-sols. Muzha est une région agréable avec des salons de thé en plein air souvent associés à des petites exploitations où est produit le thé wulong Tie Guan Yin. Ce thé est fermenté, goût boisé, avec une note de pruneau, de mûre, légèrement miellé. Le Tie Guan Yin de Jade est moins fermenté avec quelques notes végétales en plus. J’ai ramené quelques boites de ce Tie Guan Yin et je me propose, l’année prochaine, de consacrer plus de temps à étudier plus en profondeur ces différents thés.

Zhinan Temple à Muzha

J’ai enfin consacré un peu de temps à visiter des producteurs d’accessoires afin de rapporter des ustensiles indispensables pour mettre en valeur les qualités organoleptiques des thés de qualités que je vais proposer cette année. Mon voyage a été court cette année mais très fructueux. Mon projet pour l’année prochaine est de combiner avec Taiwan un voyage au Japon pour découvrir les thés japonais.



2009   Comme chaque année, depuis maintenant 4 ans, je suis allée à Taiwan du 9 avril au 1 mai 2009 pour visiter des producteurs de thé, goûter les thés et en acheter.
Cette année, le producteur à qui j’achète les thés wulong Gao Shan, nous a emmenés visiter les jardins de thé de Shan Lin Xi. Ces jardins se situent à 1 700m d’altitude, loin de toute civilisation. Pour y aller, nous avons traversé des forêts de bambou et de cyprès. Ce sont des paysages impressionnants où la nature est luxuriante. Les théiers sont plantés à flanc de montagne où apparaissent à certains endroits d’énormes rochers. Arrivée, sur les lieux, j’ai compris que c’était un privilège d’être là et une marque de confiance de la part de cet homme de nous avoir emmenés jusqu’ici. J’ai attendu 4 ans pour découvrir ces lieux magiques où les fameux et prestigieux thés de Taiwan poussent. L’air y pur, pas de pesticide, pas d’insecticide ; ce fait est confirmé par la présence de lucioles qui offrent à la nuit tombée un spectacle féerique. C’est avec des végétaux comme le soja que la terre est nourrie, si c’est nécessaire. J’étais heureuse de constater que le thé était bien traité. La fabrication des wulong se fait en deux jours. J’ai donc pu acheter en petite quantité le thé que j’ai vu fabriquer qui est excellent. Ces thés sont rares, très prisés des Japonais. La fabrication de ces thés est entièrement artisanale. Ce sont les femmes qui font la cueillette et les hommes la fabrication. C’est un métier très physique autant pour les femmes que pour les hommes.